Le DPE, best-seller de l’année 2024
On le répète depuis plusieurs années : le DPE est aujourd’hui la clé de voute de la politique publique de rénovation énergétique. Alors que depuis le 1er janvier 2025 seuls les DPE réalisés depuis le 1er juillet 2021 sont valables, le DPE s’est immiscé à l’Assemblée nationale la semaine dernière. Décryptage.
Une omniprésence du DPE qui attire les convoitises
Rappelez-vous : en février dernier l’ancien ministre de la Transition écologique Christophe Béchu annonçait une nouvelle méthode de calcul du DPE pour les logements d’une surface inférieure à 40m2 à compter du 1er juillet. Une annonce qui avait propulsé le diagnostic de performance énergétique sur le devant la scène. Résultat, ce sont plus de 4 millions de DPE qui ont été enregistrés en 2024 par l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME d’après les données consultées par Effy. En moyenne, 340 000 nouveaux DPE ont été enregistrés chaque mois, avec un pic à près de 390 000 DPE en octobre dernier.
L’essor du DPE s’est toutefois accompagné d’un essor des pratiques frauduleuses de la part de certains diagnostiqueurs. Malgré l’entrée en vigueur l’été dernier d’une formation renforcée pour les diagnostiqueurs, la ministre chargée du Logement a annoncé la semaine dernière à l’Assemblée une série de mesures pour écarter les acteurs frauduleux. A commencer par la création d’une liste noire des diagnostiqueurs suspendus, ou encore via des contrôles automatiques de comportements frauduleux détectés sur la base de données ADEME. Une méthode qui pourrait faire appel à l’IA pour détecter des anomalies chez certains DPE.
Enfin, Valérie Létard a indiqué qu’un chantier était en cours sur la création d’une carte professionnelle dotée d’un QR Code permettant demain aux particuliers de vérifier la certification des diagnostiqueurs. Une proposition déjà formulée en 2023 par la commission d’enquête sénatoriale sur la rénovation énergétique.
Le chantier éternel de l’intégration du confort d’été
C’est une marotte de la politique publique de rénovation énergétique : le confort d’été finira-t-il par être intégré à la méthode de calcul du DPE ? La proposition de loi sur le calendrier des passoires thermiques examinée fin janvier prévoyait la réalisation d’un rapport du Gouvernement sur l’opportunité d’inclure la notion de confort d’été au calcul du DPE. Un rapport qui ne verra finalement pas le jour suite au retrait surprise du texte après le rejet de son article 1er par les députés.
D’ici là, la synthèse de la consultation publique sur le Plan national d’adaptation au changement climatique rendue la semaine dernière a relancé le débat en proposant d’afficher l’indicateur de confort d’été – insuffisant, moyen ou bon – dans les annonces immobilières. Une solution par défaut compte tenu du fait que cet indicateur ne soit que purement visuel aujourd’hui.